La typographie c’est sympa ! Oui mais comment la choisir ?
Tout comme pour les couleurs, chaque typographie véhicule un sentiment, une émotion en particulier.
Alors comment choisir ? La typographie doit être cohérente avec votre métier ou votre message ! Plus communément, elle est appelée police, mais ceci est un défaut de langage, la police représente une famille de typographies.
➡️ Les différentes familles de police
Il existe différents types de classification. Connaitre et comprendre ces classifications vous aidera à choisir.
👉 Selon la classification Thibaudeau, on distingue plusieurs familles de polices :
➡️ Les Elzevirs
Elles ont des empattements triangulaires. Nées au début de l’imprimerie et héritières des formes calligraphiques, elles sont porteuses des charmes de la Renaissance et du classicisme du Grand Siècle.
Typographies : Garamond, Times,…
➡️ Les Didots
Elles ont des empattements filiformes. Construites à la règle et au compas, elles ont la rigueur et la raideur de la fin du 18e et du 19e siècle.
Typographies : Bodoni, …
➡️ Les Egyptiennes
Elles ont des empattements rectangulaires ou quadrangulaires. Elles sont nées au 19e siècle avec la mécanisation et la publicité
Typographies : Roctus, Rockwell…
➡️ Les Antiques ou Bâtons
Elles n’ont pas d’empattements. En germe dès le milieu du IXXe siècle mais réellement fixées au début du 20e, ce sont les plus modernes et les plus fonctionnelles. Elles s’adaptent à tous les types de messages. Elles sont les plus neutres, voire les plus fades.
Typographies : Helvetica, Futura…
👉 Selon la classification universelle VOX-ATYPI , la classification de Lures :
➡️ Les Humanes
=> Connaissance et sagesse donc c’est plutot du cotĂ© de la culture, de l’histoire, des sciences humaine… que l’on s’en servira.
(Centaur,Mendoza, Jenson, ITC Berkeley, Palatino…)
il se trouve que ces polices sont parmis les plus anciennes, puisqu’elle ont Ă©tĂ© crĂ©es au XVe par les imprimeurs vĂ©nitiens. caractĂ©risĂ©es par des empattements courts et Ă©pais. Cette famille donne un aspect ancien et vĂ©nĂ©rable, ces typographies ont servi pour rĂ©diger les plus grand ouvrages comme ceux de Leonard De vinci
➡️ Les Garaldes
Dérivés et simplifiées des Humanes, les Garaldes sont caractérisés par des proportions plus fines et des déliés de jonctions plus souples.
Les empattements davantage triangulaires et les contrastes nets entre les pleins et les dĂ©liĂ©s les caractĂ©risent. Ces polices servaient, Ă l’Ă©poque de François 1er, dans les 1er documents officiels, les traitĂ©s ou encore les livres pĂ©dagogiques.
Chic, Ă©legance, synonyme de noblesse, de tradition, de raffinement. C’est pourquoi les univers artistiques, littĂ©raires et intellectuels sont Ă privilĂ©gier.
(Garamond, Cochin, Galliard, Plantin, Sabon, Alegreya, Bembo,…)
➡️ Les Réales
Les rĂ©ales sont des gĂ©raldes plus gĂ©omĂ©trisĂ©es. Enfants du classicisme du XVIIIe siècle, les RĂ©ales sont des caractères austères, marquĂ©s par la rationalitĂ© de leurs concepteurs. Elles sont considĂ©rĂ©s comme des caractères de transition entre les Garaldes et les Didones : elles tiennent donc de ces deux familles. Les contrastes pleins/dĂ©liĂ©s sont plus accusĂ©s, l’axe tend Ă se redresser, les empattements Ă s’affiner. InventĂ©es Ă l’initiatives de Louis XIV, qui voulait une typographie plus modeste pour rivaliser avec les imprimeurs italiens ou anglais. Ces polices ont connu de grands jours et en connaissent toujours puisque la police Times New Roman est l’une des polices les plus utilisĂ©es au monde. Les polices Ă empattement sont les plus lisibles et les plus agrĂ©ables Ă lire lors d’un long texte. C’est pour cela que les ouvrages de plusieurs centaines de pages sont dans ces polices.
Les caractères de cette famille expriment plutĂ´t la littĂ©rature, l’administration, la connaissance, l’austĂ©ritĂ©, le sĂ©rieux, la fiabilitĂ© et la confiance.
(Cochin,Times, bskerville, Grandjean, Caslon, Perpetua…)
➡️ Les Didones
Aboutissement du processus de rationalisation engagé à l’époque classique, les Didones doivent leur nom à celui de la dynastie d’imprimeurs et d’éditeurs français Didot et à l’imprimeur parmesan Gianbattista Bodoni. Elles sont aisément reconnaissables à leur verticalité, le très fort contraste entre pleins et déliés et à leurs empattements parfaitement horizontaux.
InventĂ©es durant le premier Empire elles furent très utilisĂ©es Ă cette Ă©poque, c’est d’ailleurs pour cela qu’on les voit moins de nos jours, car elle symbolisent le pouvoir et l’aristocratie dans l’inconscient collectif, en effet ces caractères reflètent l’univers littĂ©raires du XIXe siecle, de Hugo Ă Balzac, en passant par Baudelaire et Zola, les premiers journaux et la bourgeoisie, mais aussi les documents administratifs et gouvernementaux.
Les valeurs vĂ©hiculĂ©e par cette police sont : le luxe, le serieux, la qualitĂ©, le strict, la logique, la rigueur et l’exigence
(Didot, Walbaum, Bodini, Computer Modern, Falstaff,…)
➡️ Les Mécanes
Aussi appelĂ©es Egyptiennes en rĂ©fĂ©rence au très fort intĂ©rĂŞt pour l’égyptologie qui rĂ©gnait Ă l’époque de leur lancement (dĂ©but du XIXe siècle), et inspirĂ©es des inscriptions monumentales de l’antiquitĂ©, les MĂ©canes sont des caractères construits, aux empattements Ă©pais et rectangulaires qui leur donnent un cĂ´tĂ© industriel et mĂ©canique. Elles ont Ă©tĂ© inventĂ©es en pleine rĂ©volution industrielle et reflĂ©taient une image populaire, une image ouvrière. Domaine dans lequel elles sont encore utilisĂ©es. Dans les annĂ©es 60-70’S sur les pochettes de disques Jazz, des connotations artistiques et musicales sont venues s’ajouter Ă cette famille de caractères.
Quoiqu’il en soit, pour cette famille, les domaines indutriels et mĂ©caniques sont recomandĂ©s grâce aux valeurs de soliditĂ©, stabilitĂ©, puissance, construction, design, et le milieu ouvrier.
(Rockwell Memphis, Guardian, Fedra, Cooper Black, Clarendon,…)
➡️ Les Linéales
Sous le vocable de LinĂ©ale, Vox a regroupĂ© l’ensemble des caractères sans empattements (sans serif en anglais). On les a Ă©galement appelĂ©es suivant les Ă©poques, Grotesque, Antique ou encore Bâtons. La plus connue est Arial, l’une des polices les plus utilisĂ©es au monde. Cette famille de police regroupe quasiment un tiers des polices existantes. Apple a longtemps utilisĂ© (et aujourd’hui encore) la typographie Helvetica, montrant une certaine sobriĂ©tĂ© et une recherche de l’Ă©purĂ©.
ConnotĂ©es objectives, neutres, simples, elles conviennent aux messages publicitaires, articles de presse, graphisme et Ă l’Art moderne.
En gĂ©nĂ©rale, elles s’utilisent peu dans les romans ou les nouvelles.
(Arial, Helvetica, Furuta, Gotham, Gill sans, Frutiger, Franklin Gothic, Din, Cocon, Chalet, Univers…)
➡️ Les Incises
Ces caractères tiennent leur nom de la parentĂ© qui caractĂ©rise leur propre forme et celle de caractères gravĂ©s dans la pierre ou le mĂ©tal. Proches des LinĂ©ales, leurs empattements sont souvent petits et triangulaires comme des pantalon « patte d’eph ».
Les polices de cette famille sont très élégantes. elles inspirent la rigeur et possèdent la « classe », tout comme une certaine harmonie, et beaucoup de sérieux. en capitales, elles sont presques féminines dans leur élégance.
Elles sont d’ailleurs utiisĂ©es sur les logos de masques de cosmĂ©tiques notemment Otpima, ou encore Cooperplate, star des enseignes des cabinets d’avocat. (administratif, loi, rigeur)
(Optima, Gauthier, Copperplate, Goudry Sans, Formata, Lithos,Albertus,)
➡️ Les Scriptes
D’inspiration rĂ©solument calligraphique, les Scriptes semblent Ă©crites Ă la plume.Leur ressemblance avec les tracĂ©s d’une Ă©criture Ă main levĂ©e les caractĂ©risent. Les lettres sont rĂ©gulièrement dans un style « attaché » (connectĂ©es les unes aux autres).
A consommer avec modération, car si au départ ces polices avaient des courbes parfaites et très soignées, on assiste maintenant à des polices qui donnent un aspect « brouillon », meme si charmant, très difficile à lire.
Les connotations : traditions, humaine, unique, singuliere, personnelle, emotion, plaisir, Affect,
(Mistral,Brush Script, Bickham, Snell Roundhand, Koziupack, Malbeck, Bello, Plumero)
➡️ Les Manuaires
Les Manuaires s’inspirent de l’écriture dessinée au pinceau.
Elles se rapprochent des scriptes car elles se composent de caractères rĂ©alisĂ©s d’après des calligraphies. Elles rappellent le Moyen Age, l’HĂ©roique fantazy (le Seigneur des anneaux) mais aussi de toute les polices de caractères manuscrites non liĂ©es du XXe siècle.
Univers Fantastiques, religieux, imaginaire, ténébreux, mythique, tradition,
(Libra, Omnia, Banco, Erik Right Hand, Just Left Hand)
Pour en savoir plus, voici un article interessant
